Archives mensuelles : août 2019

Références générales

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Biesta, G. J. J. (2010). Why ‘What Works’ Still Won’t Work: From Evidence-Based Education to Value-Based Education. Studies in Philosophy and Education, 29(5), 491‑503. https://doi.org/10.1007/s11217-010-9191-x

Bonnat, C. (2017). Etayage de l’activité de conception expérimentale par un EIAH pour apprendre la notion de métabolisme cellulaire en terminale scientifique. Manuscrit de thèse non publié. Récupéré à l’adresse : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01562709/

Carosin, E., & Demeuse, M. (2018). Les Savanturiers – Rapport d’évaluation final (p. 110). Consulté à l’adresse https://les-savanturiers.cri-paris.org/wp-content/uploads/2018/11/recherche_rapport-vf.pdf

Cook, T. D. (2002). Randomized experiments in education. Why are they so rare? Educational Evaluation and Policy[CISEL Mat1]  Analysis, 24(3), 175–199. Consulté à l’adresse http://www.ipr.northwestern.edu/publications/docs/workingpapers/2002/IPR-WP-02-19.pdf

Baron, G.-L. et Bruillard, E. (2007). ICT, educational technology and educational instruments. Will[CISEL Mat2]  what has worked work again elsewhere in the future? Education and Information Technologies, 12(2), 71–81. https://doi.org/10.1007/s10639-007-9033-9

Girault, I. et d’Ham, C. (2014). Scaffolding a complex task of experimental design in chemistry with a computer environment. Journal of Science Education and technology23(4), 514-526.

Joolingen, W. R. van et Jong, T. D. (1991). Supporting hypothesis generation by learners exploring an interactive computer simulation. Instructional Science, 20(5‑6), 389‑404. https://doi.org/10.1007/BF00116355

Postic, M. et Ketele, J.-M. D. (1988). Observer les situations éducatives. Paris: Presses Universitaires de France.

Reiser, B. J. (2004). Scaffolding complex learning: The mechanisms of structuring and problematizing student work. Journal of the Learning Sciences, 13(3), 273-304.

Saavedra, R. (2015). Etayer le travail des élèves avec la plateforme LabBook pour donner davantage de sens aux activités expérimentales réalisées par des élèves de première S (thèse de doctorat, Université Grenoble-Alpes, France).

Scardamalia, M. et Bereiter, C. (2003). Knowledge building environments: Extending the limits of the possible in education and knowledge work. Encyclopedia of Distributed Learning, 269–272.

Slavin, R. E. (2002). Evidence-Based Education Policies: Transforming Educational Practice and Research. Educational Researcher, 31(7), 15‑21.

Slotta, J. D. et Linn, M. C. (2009). WISE Science: Web-Based Inquiry in the Classroom. New York, NY, USA: Teachers College Press.

Wajeman, C., Girault, I., d’Ham, C. et Marzin-Janvier, P. (2015). Students’ reflection on experimental design during an innovative teaching sequence with Labbook. Dans Proceedings of the European Science Education Research Association (ESERA) Conference 2015, 12-24.


Savanturiers-Ecole de la Recherche : un dispositif expérimental à l’épreuve du numérique

Ange Ansour

Dans le projet Savanturiers du Numérique ont convergé les intentions de trois acteurs : 1/ le programme Savanturiers-Ecole de la Recherche, porté par le CRI, 2/l’entreprise TRALALERE 3/ le laboratoire EDA. 

Prenant appui sur les projets Savanturiers dans les classes, ces trois acteurs ont conçu ensemble un instrument numérique dédié aux élèves, ciblant le cycle 3 en priorité, avec comme thématique la climatologie. L’objectif était de transformer le carnet de recherche de l’élève-chercheur (outil classique du dispositif Savanturiers) en Carnet Numérique de l’Elève Chercheur (CNEC).

Le texte qui suit rappelle d’abord brièvement des éléments de contexte sur le dispositif Savanturiers puis élabore sur la question du CNEC.

1. Le dispositif Savanturiers

Le dispositif Savanturiers, à ses débuts, n’avait été élaboré ni à partir d’une recherche scientifique, ni à partir d’un positionnement au sein de la constellation française de la EdTech. Les concepteurs du dispositif se revendiquaient de mouvements pédagogiques fondés sur une approche scientifique empirique1. Toutefois, cette identité militante sera bouleversée par les trois ans de l’expérimentation EFRAN : le dispositif s’est trouvé confronté à de multiples injonctions émanant des évaluateurs comme des partenaires du laboratoire EDA, aussi bien qu’aux multiples contraintes propres à l’intégration dans un projet EdTech. Ainsi, le dispositif, a priori semblable à tant d’autres innovations pédagogiques, a opéré une « mue ». Le consortium a contraint les concepteurs à passer à un second cycle de conception et d’expérimentations, intégrant les apports du CNEC.

1.1. Motivations et objectifs

Un double constat préside à la configuration de l’expérimentation Savanturiers :

1/ Les travaux d’Alison Gopnik2 mettant en évidence les capacités cognitives des bébés et des enfants dont les procédures sont pour lui fortement apparentées à la démarche expérimentale des chercheurs

2/ Les difficultés croissantes de l’école française à favoriser la réussite du plus grand nombre d’élèves. Les enquêtes internationales (PIRLS, TALIS, PISA) et nationales (CEDRE) montrent une érosion lente de la maîtrise des savoirs fondamentaux chez les élèves français. Un aspect préoccupe particulièrement les concepteurs du programme : les activités proposées aux élèves français seraient moins engageantes cognitivement que celles proposées dans d’autres pays.

D’où les deux priorités du dispositif Savanturiers : 

  1. l’engagement cognitif de l’élève, en faisant appel au raisonnement, à un langage spécialisé, à des capacités en matière de métacognition, dans des situations d’apprentissages ambitieuses ;
  2. l’engagement pédagogique de l’enseignant, seul expert dans la conduite des interactions entre ses élèves, condition nécessaire pour que les élèves apprennent de manière efficace et rigoureuse.

La mise en œuvre concrète repose sur des pratiques expérimentales de classes qui prennent en considération des perspectives axées sur des recherches de terrain (notamment les travaux d’A-M. Chartier, A. Gopnik, J. Hattie, A. Barrère) et intègrent des traditions pédagogiques hétérogènes (telles que les techniques de la pédagogie Freinet, la démarche d’investigation).

Ce modèle investit deux champs : celui de la culture scientifique au sens large (c’est-à-dire, incluant les sciences et les techniques, les sciences humaines et sociales), ainsi que le champ de la formation professionnelle (référents didactiques, savoir-faire pédagogiques, gestes professionnels)

1.2. L’hypothèse de l’expérimentation

L’éducation par la recherche cherche à mettre l’accent sur les convergences entre transmission et production des savoirs. Les concepteurs du programme se placent dans une perspective historique et épistémologique intégrant au cursus scolaire une initiation méthodique et progressive aux modalités qui régissent la production des différents savoirs disciplinaires. Ils formulent l’hypothèse que cette initiation aux modalités et processus scientifiques de production des savoirs participerait à la formation de l’esprit critique de l’élève. Ainsi, l’élève apprendrait à repérer différents régimes de vérité (sciences exactes, humaines et sociales), à les distinguer d’autres types d’énoncés (information, qu’elle soit vraie ou fausse, fiction, faits, etc.) et progressivement, à en expliciter les traits spécifiques.

Les concepteurs du programme font le pari que ce cheminement, contribuant à la réussite scolaire des élèves au sein du système éducatif, contribuera également à accompagner les mutations des professions éducatives, notamment les enseignants, en les familiarisant à un usage pédagogique maîtrisé des concepts propres à chaque champ scientifique.

2. Le carnet de l’élève chercheur : un support de l’ordinaire de la classe

L’équipe gestionnaire du dispositif Savanturiers-Ecole de la Recherche, s’inspirant des carnets de terrain ou des carnets de labo où les chercheurs consignent les étapes de leur travail, a toujours préconisé l’utilisation d’un carnet recherche par les élèves. Ses usages prescrits sont génériques et les traductions dans les classes très variables.

Le carnet individuel d’un chercheur est un grand espace de liberté et d’exploration intellectuelle. Le carnet de labo est très codifié afin que tous les chercheurs qui y ont accès puissent s’en servir.

La traduction dans la classe a respecté cette dichotomie. Les élèves tiennent un « carnet du chercheur » sur lequel ils consignent leurs observations, réflexions, hypothèses, résultats.

C’est un support individuel et personnel, papier ou numérique, qui nourrit le « carnet de labo » de la classe. L’élève l’utilise dans des temps informels ou personnels, mais également dans des moments explicites d’enseignement.

Lorsqu’il s’agit de situations formelles d’apprentissage, comme prélever des données ou imaginer un protocole expérimental, les conventions et règles précises d’écriture sont respectés.

Comme l’a explicité A-M Chartier3 analysant le cadre structurant que constituent les supports papier (cahier ou classeur), les élèves travaillent « avec » et non simplement « sur » les supports, qu’ils soient numériques ou papier. Il s’agit donc d’investir ce carnet d’une valeur épistémologique : on y trace le cheminement de sa réflexion et on prend soin d’y consigner sous forme d’écrits, schémas, notes tout ce qui est susceptible d’enrichir le projet final.

Le carnet collectif remplit plusieurs fonctions :

  • une archive des savoirs acquis au terme des recherches documentaires, des expérimentations, entretiens etc.
  • un lieu de partage entre pairs qui se situe à l’interface entre l’espace privé de chaque élève (son carnet individuel) et la communication en dehors de la communauté de classe (publication, communications orales à des tiers, congrès, famille)

Pour construire le carnet collectif, les enseignants sont encouragés à utiliser tous les moyens numériques à leur disposition susceptibles de faciliter le partage, la correction, l’amélioration et l’enrichissement.

3. Un dispositif à la croisée des chemins

En l’espace de cinq ans, Savanturiers-Ecole de la Recherche, à travers les projets de classe comme les programmes de formation, a concerné des dizaines de milliers d’enseignants et élèves. Cette expansion non contrôlée (sous la forme de réponse aux demandes de participation volontaire), n’a pas été sans interrogations éthiques :

  1. Comment s’assurer qu’un dispositif expérimental, peu stable, évolutif, collectif, constitue une réelle valeur ajoutée pour les bénéficiaires sans s’en tenir à des « indices de satisfaction » ? 
  2. Comment répondre à la demande croissante des enseignants pour « stabiliser » les instruments et les préconisations, au lieu d’innover en permanence pour optimiser le dispositif ?
  3. Comment mettre les acquis construits au service d’un encore plus grand nombre de bénéficiaires ?

Face à cette triple exigence, l’équipe gestionnaire a apporté une réponse à deux niveaux : confier l’évaluation du dispositif à des chercheurs externes ; créer un instrument numérique en collaboration avec des acteurs scientifiques et des industriels

L’évaluation scientifique externe a été menée par l’Institut d’Administration Scolaire de l’Université de Mons en Belgique sous la direction de Marc Demeuse4. Cette évaluation menée par Emilie Carosin a mis en évidence l’apport du dispositif pour les élèves et les enseignants.

Ainsi, pour les élèves, la participation à un projet d’éducation par la recherche contribue au développement de quatre dimensions de l’activité scientifique (créativité, collaboration, méthodologie et esprit critique) et au renforcement de la métacognition.

L’outil numérique que le consortium a voulu élaborer est le résultat d’une « inquiétude » propre au dispositif Savanturiers : comment formaliser un instrument expérimental et protéiforme, tiraillé entre préconisations et contraintes de situation dans la classe en un instrument numérique permettant l’autonomisation des pratiques de classe en cohérence avec l’éducation par la recherche ?

Le parti pris d’une gouvernance participative visait l’inclusion de toutes les contraintes (besoins du terrain, robustesse scientifique, faisabilité, stabilisation du modèle expérimental) et la collaboration de tous les acteurs. Les choix opérés par les différents membres du consortium afin d’aboutir aux modules définitifs du carnet (tableau de bord, corpus, générateur d’idées, brouillon de recherche, fiche recherche, formulaire de séance) se sont considérablement écartés du modèle « canonique » pratiqué dans les classes.

Ainsi, il a fallu renoncer au modèle en huit dimensions de l’éducation par la recherche et reléguer la part évaluative hors champ numérique. Toutefois, cet instrument a été considéré par ses usagers-enseignants comme étant suffisamment générique pour être adopté dans le contexte d’un projet d’investigation scientifique, indépendamment du modèle de l’éducation par la recherche en tant que tel.

On peut déduire que ce carnet participe en partie à la stabilisation du modèle en mettant l’accent sur l’intelligibilité et l’explicitation de la scénarisation pédagogique et ses objectifs pour l’élève. Comme il ne rend pas compte de toute la complexité du projet de départ (en huit dimensions) il propose une interprétation singulière du modèle, sans le réifier pour autant et en maintenant une grande liberté pédagogique d’exploitation. Par conséquent, les concepteurs et gestionnaires du dispositif Savanturiers-Ecole de la Recherche ne pourront faire l’économie d’une veille rapprochée sur les différents usages qui seront faits de ce carnet numérique afin de poursuivre le travail de modélisation et de mise en cohérence entre pratiques et prescriptions.

1 Le rapport aux savoirs dans les pédagogies différentes ; sous la direction de M.A. Hugon et B. Robbe, 2016 

2 Gopnik, A., Meltzoff, A. N., & Kuhl, P. K. (1999). The scientist in the crib: Minds, brains, and how children learn. New York, NY, US: William Morrow & Co.

3 Chartier, Anne-Marie, and Patricia Renard. « Cahiers et classeurs: les supports ordinaires du travail scolaire. » Repères. Recherches en didactique du français langue maternelle 22.1 (2000): 135-159.

4 Émilie Carosin, Marc Demeuse. RAPPORT D’EVALUATION FINAL POUR DES APPRENTISSAGES SAVANTS ET AVENTUREUX. [Rapport de recherche] Institut d’Administration Scolaire, Université de Mons. 2018. ffhal-01962598f

Références liées au projet

26/05/2020

Les références qui suivent concernent des productions scientifiques ayant un lien avec le projet. La liste qui suit est évolutive.

Baron, G.-L., Barbier, C., & Cisel, M. (Éds.). (2019). Synthèse de la recherche sur le Carnet Numérique de l’Elève-Chercheur. Université Paris 5 René Descartes. https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02406707

Barbier, C. (2019). Vers l’appropriation de nouveaux instruments par des enseignants : Le cas de la démarche d’Éducation par la Recherche et du Carnet Numérique de l’Élève-Chercheur. Mémoire de Master, Université Paris-Descartes.

Cisel, M. (2019, juin). Etudier des objets intermédiaires pour analyser les moments-clés de la conception d’un EIAH. Dans les Actes de la conférence Environnements Informatiques pour l’Apprentissage Humain 2019, Paris. pp. 247-258

Cisel, M. et Baron, G. (2019, avril). Vers des intelligences artificielles pour l’enseignement du raisonnement scientifique. Dans les actes duSéminaire Inter-Laboratoires sur l’Education Scientifique et Technologique. Patras.

VOULGRE, Emmanuelle (2019). Observations en éducation et formation de l’activité élève et enseignante liée à une ressource nommée CNEC Carnet Numérique de l’Élève Chercheur en collège en T1, T2 et T3 2019. Rapport de recherche réalisé pour le compte du laboratoire Éducation, Discours, Apprentissages (EDA, EA 4071) de l’Université Paris Descartes dans le cadre de la Recherche e-FRAN, projet « Les Savanturiers du numérique », PIA-3. Version du 06-08-2019, PDF 40 p. disponible en ligne https://urlz.fr/agR1

Cisel, M., Baron, G.-L. (2018, juin). Conception d’un EIAH à destination du programme Savanturiers : difficultés engendrées par une approche inductiviste de la spécification des besoins. Actes de la 3ème conférence Ecole et Technologies de l’Information et de la Communication, Paris.

Cisel, Matthieu ; Beauné, Aurélie ; Voulgre, Emmanuelle ; Bernard, François-Xavier ; Baron, Georges-Louis (2017). Analyse d’un outil de décision utilisé dans la conception d’un EIAH, les Savanturiers du numérique. In acte de la Conférence sur les Environnements Informatiques pour l’Apprentissage Humain (EIAH) des 8 et 9 juin 2017 à Strasbourg. PP. 282-284 [En ligne] https://www.researchgate.net/profile/Bruno_De_Lievre/publication/321240409_Actes_de_la_Conference_EIAH_2017_8eme_Conference_sur_les_Environnements_Informatiques_pour_l%27Apprentissage_Humain/links/5a7312e80f7e9b20d48ee8b0/Actes-de-la-Conference-EIAH-2017-8eme-Conference-sur-les-Environnements-Informatiques-pour-lApprentissage-Humain.pdf et http://eiah2017.unistra.fr/wp-content/uploads/2016/10/Actes.pdf

Cisel, Matthieu ; Beauné, Aurélie ; Voulgre, Emmanuelle ; Bernard, François-Xavier ; Baron, Georges-Louis (2017). Conception d’un EIAH et rôle des objets intermédiaires dans l’articulation entre théorie et pratique. Communication sans actes au Colloque Enjeux, débats et perspectives : 50 ans de sciences de l’éducation les 18, 18 et 20 octobre 2017 à Caen (France) https://50ans-sc-educ.sciencesconf.org/data/pages/Liste_des_communications.pdf