Comment déterminer les besoins des enseignants ? Le cas de la conception du carnet numérique de l’élève-chercheur

Matthieu Cisel, Laboratoire EDA

Cet article est issu d’une communication réalisée lors du colloque éTIC3 qui s’est tenu à l’université Paris Descartes les 27, 28 et 29 juin 2018. Il ne contient que l’introduction du texte, que l’on peut retrouver en intégralité sur le site du colloque en cliquant ici.

L’État a encouragé, au travers des projets eFRAN (CDC, 2016) (espace de Formation Recherche d’Animation Numérique), la conception d’Environnements Informatiques pour l’Apprentissage Humain (EIAH) au sein de consortiums incluant notamment des laboratoires de recherche.

L’un de ces consortiums a eu pour vocation d’instrumenter les projets Savanturiers (Ansour, 2017). Les Savanturiers est un programme à destination du primaire et du secondaire créé en 2013. Celui-ci vise à développer des “projets de recherche” miniatures encadrés par des mentors généralement issus du milieu académique, afin d’initier les élèves aux méthodes de l’investigation scientifique. Ces derniers jouent une part active aux différentes étapes de la démarche, de la formulation de la question de recherche à l’interprétation des résultats.

Ce programme s’inscrit explicitement dans une logique de renouvellement des approches pédagogiques dans l’enseignement des sciences, mettant l’accent sur la dimension méthodologique de l’activité scientifique. L’objectif du consortium Les Savanturiers du Numérique réuni en 2016 autour de ce programme est de développer des artefacts numériques à destination des enseignants impliqués dans le programme.

Au début de ce projet eFRAN, d’une durée de trois ans, les chercheurs impliqués dans le consortium ont notamment eu pour rôle de contribuer à spécifier, sur la base d’une revue de la littérature et d’observations en classe les besoins auxquels l’application avait vocation à répondre.

Précisons que “le besoin peut désigner initialement les fonctions ou propriétés possibles, voire souhaitables pour l’artefact à concevoir” (Robertson, 2001). L’enjeu est de faire des préconisations aux développeurs, et d’ébaucher le modèle de la tâche future, c’est-à-dire de décrire l’activité telle qu’elle sera instrumentée par l’application. Face à la diversité des pratiques enseignantes et à l’hétérogénéité des situations d’apprentissage auxquelles le chercheur en ingénierie des EIAH peut être confronté, se pose la question de la priorisation des besoins identifiés par l’analyse des pratiques d’un panel d’enseignants.

Le problème de la spécification de besoins est d’autant plus saillant que les projets Savanturiers impliquent potentiellement une large gamme de tâches, de la formulation d’hypothèses à la rédaction d’argumentaires scientifiques.

Nous nous intéressons en particulier à la problématique suivante : Quelles sont les limites de la méthode inductive pour la spécification des besoins dans la conception d’un EIAH destiné à une utilisation en classe ? Précisons que la méthode inductive dont nous parlons ici ne désigne pas notre approche de l’enquête de terrain, avant tout exploratoire, mais les modalités d’exploitation de ces observations de terrain pour inférer les besoins à prioriser.

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