Défis et limites de l’expérimentation en classe

Évaluer expérimentalement l’efficacité des pratiques des enseignants : un défi délicat à relever

Matthieu Cisel

Évaluer expérimentalement le CNEC ?

On se propose ici de discuter des difficultés de la mise en place d’une approche expérimentale dans le contexte de l’évaluation du CNEC. Nous parlerons d’un double point de vue : celui du chercheur, co-concepteur d’une technologie éducative qu’il souhaite évaluer, et celui du professeur de sciences de la vie et de la terre, prenant ses premières classes spécialement pour l’occasion.

L’expérience de la classe

Commençons par préciser le contexte qui entoure la démarche. Au cours de ma seconde année dans le consortium eFRAN, je décidai de prendre deux classes de quatrième afin de tester la faisabilité de protocoles d’évaluation du CNEC fondés sur une expérimentation randomisée. L’expérience du terrain et les discussions avec les collègues m’ont permis de prendre conscience des biais induits par les contraintes imposées par l’encadrement d’une classe, qui nécessitent bien souvent que l’on déroge, parfois à son corps défendant, à certains éléments d’un protocole, quitte à mettre en péril la validité d’une expérience dans son ensemble.

Le rectorat m’a confié la charge de deux classes de quatrième d’un collège de quartier favorisé au sein de Paris. L’établissement en question faisait partie des collèges connectés. Cela signifiait a priori qu’il y avait une bonne connexion à Internet d’une part, et que les classes comme les élèves seraient relativement bien équipés d’autre part.

En effet, quelques semaines après la rentrée, chaque élève disposait de sa propre tablette. J’avais deux classes du même niveau, et pouvais donc exiger d’eux des tâches comparables. Par ailleurs, le fait de n’avoir qu’un seul niveau me permettait de mutualiser le travail de préparation des cours, particulièrement chronophage pour un enseignant novice.

J’avais donc la responsabilité d’une soixantaine d’élèves. Ce n’est probablement pas un échantillon assez important pour produire des résultats publiables, mais c’est amplement suffisant pour tester la faisabilité de certains protocoles expérimentaux.

Prendre davantage de classes aurait risqué de menacer les autres tâches à conduire. Il fallait donc composer avec les deux objectifs, faire de la recherche d’une part, et concevoir des enseignements innovants et en lien avec les programmes d’autre part. Ces deux objectifs ont été en contradiction à de multiples reprises.

Dès ma prise de fonction, je pensai à mes questions de recherche, et tenais un journal de bord. Après chaque séance, je passais environ une heure à réaliser le compte-rendu de ce qui s’était passé, et à réfléchir à la manière dont cela affecterait la mise en place d’un protocole expérimental.

Revenons sur les débats entourant l’application de l’approche expérimentale en éducation, le protocole de ce que nous envisagions, les difficultés auxquelles nous nous sommes heurtés et la méthodologie finalement employée.

Plus d’informations

Les débats scientifiques autour de l’approche expérimentale

Le protocole envisagé pour évaluer le CNEC

Les difficultés à mettre en place une approche expérimentale

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